Société

Quand des « ex-microbes » redeviennent fréquentables

Article Société  |  Posté le : 09 Janvier 2018 à 11:52:07  |   Pays : Côte d'Ivoire     

​Des parents n'hésitent pas à témoigner que leurs enfants sont redevenus fréquentables après leur resocialisation.
Pour être plus clairs, ils expliquent que" beaucoup ne participent plus aux mouvements de machettes".
Des mères racontent, en pleurs, la terreur qu'elles ont vécue de la part de leurs propres enfants drogués. Quand ils arrivaient à la maison, il était compliqué de leur parler à cause de leur violence. " Vous m'avez ramené un autre enfant... il a Changé", expliquait avec beaucoup d'émotion la mère d'un membre de la première vague. Le petit Y. L, 18 ans, fait partie, à coup sûr, de ces enfants en passe d'être récupérés. Placé par les responsables de la resocialisation dans un garage auto dans la commune d'Abobo depuis 3 mois environs (octobre-décembre 2017), il est présenté comme un exemple a l'atelier. Ses patrons, Bakayoko L. et Bakayoko K. ne tarissent pas d'éloges à son égard. " « il est assidu au travail. Il arrive tous les jours à l'heure. il est respectueux. Il ne vole pas. Vraiment, je trouve que cet enfant est bien", soutient Bakayoko L.
L'autre patron est convaincu que" l'exemple de ce petit va faire école parce qu'il écoute les conseils. Très timide, le jeune homme promet, dans un français approximatif, qu'il continuera à travailler comme le font d'autres anciens camarades pensionnaires du Centre de resocialisation avec qui il est en contact.
Toujours dans la commune d'Abobo et encore dans un garage de mécanique auto, le jeune T. H, 17 ans, bénéficie des mêmes égards de la part de son patron Traoré 1. Celui ci a une telle confiance en lui qu'il l'envoie faire les encaissements auprès des clients. Il procède ainsi pour le sensibiliser au fait que le métier de mécanicien rapporte de l'argent. Une manière de l'amener à prendre ce travail au sérieux. Mieux, pour éviter que ses apprentis ne retombent dans les travers qui les ont conduits au Centre de resocialisation, il leur donne un peu d'argent chaque semaine. Un autre ex-pensionnaire du Centre de resocialisation, le petit A. R, 15 ans. Lui aussi est sérieux au travail. Placé depuis trois mois auprès de Dosso l, maître-tailleur à Yopougon, il sait placer les boutons, faire les surfilages, faires les repassages, etc. Mais cela, n'a pas été facile avec lui à son arrivée pour autant. " Au début, il négligeait le travail.
Mais à force de lui donner des conseils, il a fini par opérer un changement. Ça va mieux, il est assidu au travail.
Je vais le guider. Et l'État (la Cellule de resocialisation) sera satisfait ., dit-il. Mais Dosso 1, n'est pas certain d'obtenir de bons résultats avec le 2 enfant mis à sa charge. L T, âgé de 18 ans, ne vient quasiment pas au travail. Il demande à ce qu'on le paie. Le maître-tailleur en parte avec amertume. L. T. n'est pas un exemple comme ses deux camarades, M. Set R. K. Ces derniers font preuve de sérieux dans l'atelier de soudure de Bakary B. dans la même commune.
« Depuis trois mois qu'ils sont là, ils travaillent comme les autres apprentis. Je n'ai aucun problème particulier avec eux. J'ai pris l'engagement de les aider. Je le ferai", soutient le patron. Aussi, met-il un point d'honneur à garder un contact permanent avec leurs parents par des visites à domicile, comme le recommande la Cellule de Resocialisation. Au vu de tous ces témoignages et de tant d'autres glanés dans le cadre de l'enquête de terrain, on peut dire que beaucoup d'enfants encadrés au Centre de resocialisation ont des chances d'être récupérés. Même s'il y a tout de même quelques cas difficiles, comme le reconnaît le Chef du Projet de resocialisation, Mme Ouattara Manignan.

Source : fraternité matin